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SORTIR AU JOUR : LE PARCOURS DE SOUAD

sortir vers le jour

Par Asma Ayari

Article écrit dans le cadre de l’atelier de critique de “Premiers gestes” (Tunis, du 17 au 21 mars)

Sortir au jour : le parcours de Souad

En 2007, Hala Lotfy a commencé son premier long métrage de fiction Sortir au jour. Le projet a été suspendu pendant une période et il a été repris après la révolution. Ce film expose la vie quotidienne de deux femmes Souad (Donia Maher) et sa mère (Salma El-Najjar) qui sont chargées de prendre soin du père infirme (Ahmad Lotfy) . ” J’ai décidé de faire un film entièrement réaliste “, affirme la réalisatrice. « J’ai toujours voulu produire un film sans stars car pour moi, la vedette arrive avec un certain savoir et connaissance des trucs et des ruses cinématographiques qui menacent le côté réaliste dans le film, j’ai choisi donc des acteurs qui jouent pour la première fois devant la caméra. On a commencé le tournage alors qu’il me manquait l’acteur approprié qui va jouer le rôle du père. La recherche a duré 2 ans jusqu’à ce que j’aie trouvé Ahmad Lotfy qui avait toutes les caractéristiques que je voulais, je lui ai demandé s’il voulait jouer un film , il m’a dit qu’il voulait d’abord lire le scénario. J’étais surprise le jour ou il m’a appelé pour me dire qu’il acceptait le rôle. Ahmad Lotfy, qui a vécu la même situation, a voulu commémorer la mémoire de sa mère qui était paralysée… ». Tout ce que dit la réalisatrice du choix des acteurs non professionnels corrobore sa démarche réaliste.
Dans la première partie du film, on est dans un huis-clos pénible, tendu et émaillé de dialogues brefs et où les personnages ne s’épanchent absolument pas sur leurs états d’âme.
Le premier dialogue entre Souad et sa mère se fait entendre lorsque les deux personnages sont sur le canapé : des paroles sèches et brèves, des silences entre les phrases et des regards qui en disent long sur leur état de fatigue et d’angoisse, expliqué immédiatement par l’apparition du troisième protagoniste qui est le père totalement inerte et presque muet.
L’idée de sortir représente un moment crucial dans le film. Changement du décor : la rue, des endroits plus vastes et plus lumineux qui offrent une sorte de détente au spectateur et qui lui donne du souffle pour continuer à regarder le film. Nous avons aussi de petits moments de halte : Souad qui se prépare à sortir et qui retrouve une fraîcheur absente au tout début du film, la séance de coiffure, le geste d’attacher les cheveux, moments de halte qui sont néanmoins empreints d’une inquiétude souterraine.
Le parcours du personnage nous met vers la fin du film face à une traversée émotionnelle dont Souad est sortie plus mature et plus forte après une longue nuit de méditation au bord du Nil accompagnée par des chants soufis.
C’est probablement l’acceptation de la mort du père qui a dû se jouer en elle lors de son errance diurne puis nocturne. C’est avec une âme légère qu’elle appréhende son deuil au petit matin.
La force du film est le résultat de l’importance accordée à chaque détail, à chaque regard ou impression perceptible sur les visages des comédiens et à chaque moment de silence chargé de sens. Le parti pris réaliste va de pair avec un minimalisme qui donne du relief au détail, à ce qui est censé être imperceptible. C’est en cela que Sortir au jour se distingue de la plupart des productions cinématographiques égyptiennes.

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